Un peu de Français

Voilà some excerpts from different books I've read in french. In each case I've tried to pick a section which epitomizes a character, is fundamental to the plot or just an excellent piece of writing! Un sac de billes is moving, Zazie dans le Métro is amusing, Gaston's puns are clever, Astérix's opinions of the English are très drôle, Jonathan Livingston is thought-provoking, Jules Verne was ahead of his time, Clochemerle and Le Fantôme de l'Opéra were pretty difficult to read but are classics and so well worthwhile, Le Barbier de Séville is as brilliant as any modern play despite being written in the late 18th century and of course there's Maigret too plus several other books.

« Harry Potter à l'école des sorciers »
(auteur: J.K. Rowling, traduit par Jean-François Ménard)
Mais il n'y eut pas de choc. Il continua de courir sans rencontrer aucun obstacle et lorsqu'il rouvrit les yeux, il vit une locomotive rouge le long du quai où se pressait une foule compacte. Au-dessus de sa tête, une pancarte signalait «Poudlard Express - 11 heures». En regardant derrière lui, Harry vit une grande arche de fer forgé à la place de la barrière et des tourniquets. Un panneau indiquait: Voie 9 3/4. Il avait réussi à trouver son train.
L'endroit était étrange et magnifique. Des milliers de chandelles suspendues dans les airs éclairaient quatre longues tables autour desquelles les autres étudiants étaient déjà assis, devant des assiettes et des gobelets d'or. Au bout de la salle, les professeurs avaient pris place autour d'une autre table. Le professeur McGonagall aligna les première année face à leurs camarades derrière lesquels se tenaient les professeurs. Dans la clarté incertaine des chandelles, les visages les observaient telles des lanternes aux lueurs pâles. Dispersés parmi les étudiants, les fantômes brillaient comme des panaches de brume argentée. Gêné par les regards fixés sur les nouveaux, Harry leva la tête vers un plafond d'un noir de velours, parsemé d'étoiles.
« Harry Potter et la Chambre des Secrets »
(auteur: J.K. Rowling, traduit par Jean-François Ménard)
- Eh bien, soit... dit-il. Voyons... Que pourrais-je vous dire sur la Chambre des Secrets? Comme vous le savez vous, Poudlard a été fondé il y a plus de mille ans - la date précise n'est pas connue - par les quatre plus grands mages et sorcières de l'époque. Les quatres maisons de l'école portent leurs noms Godric Gryffondor, Helga Poufsouffle, Rowena Serdaigle et Salazar Serpentard. Ils ont bâti ce château ensemble, hors de la vue des Moldus, car en ce temps-là, les gens du peuple avaient peur de la magie et les sorciers subissaient de terribles persécutions.
- Ah, si seulement Harry Potter savait! gémit Dobby en versant à nouveau des larmes sur la taie d'oreiller en lambeaux. S'il savait ce qu'il représente pour nous, les humbles, les esclaves, nous le rebut du monde de la magie! Dobby se souvient comment c'était quand Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom était au sommet de sa puissance! Nous, les elfes de maison étions traités comme de la vermine, Monsieur! Oh, bien sûr, Dobby est toujours traité ainsi, admit-il en s'essuyant le visage avec sa taie d'oreiller, mais pour beaucoup d'entre nous, la vie s'est améliorée depuis que vous avez triomphé de Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom.
« Harry Potter et le prisonnier d'Azkaban »
(auteur: J.K. Rowling, traduit par Jean-François Ménard)
Il y avait sept joueurs dans une équipe de Quidditch: trois Poursuiveurs, chargés de marquer des buts en faisant passer le Souafle (une balle rouge de la taille d'un ballon de football) à travers un des anneaux fixés au sommet de poteaux de quinze mètres de hauteur plantés à chaque extrémité du terrain; deux Batteurs, équipés de grosses battes, avaient pour tâche d'éloigner les Cognards (deux lourdes balles noires qui attaquaient violemment les joueurs); un Gardien qui défendait les buts et un Attrapeur qui devait attraper le Vif d'or, une balle minuscule et pourvue d'ailes, de la taille d'une noix. L'Attrapeur qui parvenait à s'en saisir mettait fin au match et faisait gagner à son équipe cent cinquante points supplémentaires.
- Les Détraqueurs comptent parmi les plus répugnantes créatures qu'on puisse trouver à la surface de la terre. Ils infestent les lieux les plus sombres, les plus immondes, ils jouissent de la pourriture et du désespoir, ils vident de toute paix, de tout espoir, de tout bonheur, l'air qui les entoure. Même les Moldus sentent leur présence, bien qu'ils ne puissent pas les voir. Quand on s'approche trop près d'un Détraqueur, toute sensation de plaisir, tout souvenir heureux disparaissent. Si on lui en donne le temps, le Détraqueur se nourrit des autres jusqu'à les réduire à quelque chose qui lui ressemble - des êtres maléfiques, dépourvus d'âme. Celui qui subit son pouvoir ne garde plus en mémoire que les pires moments de sa vie.
« Harry Potter et la Coupe de Feu »
(auteur: J.K. Rowling, traduit par Jean-François Ménard)
Pendant une fraction de seconde, Harry pensa qu'il s'agissait d'un autre vol de farfadets. Puis il s'aperçut que la forme représentait une gigantesque tête de mort, composée de petites lumières semblables à des étoiles d'émeraude, avec un serpent qui sortait de la bouche, comme une langue. Sous leur regard stupéfait, la tête de mort s'éleva de plus en plus haut, étincelant dans un halo de fumée verdâtre, se découpant sur le ciel noir comme une nouvelle constallation.
Mais Dumbledore s'arrêta soudain de parler et tout le monde vit ce qui l'avait interrompu.
Le feu de la Coupe était redevenu rouge. Des étincelles volaient en tous sens et une longue flamme jaillait soudain, projetant un nouveau morceau de parchemin.
D'un geste qui semblait presque machinal, Dumbledore tendit la main et attrapa le parchemin entre ses longs doigts. Il le tint à bout de bras et lut le nom qui y était inscrit. Un long silence s'installa, pendant lequel il continua de fixer le parchemin, tous les regards tournés vers lui. Enfin, Dumbledore s'éclaircit la gorge et lut à haute voix
- Harry Potter.
La bassine étant ronde et la salle rectangulaire, Harry n'arrivait pas à distinguer ce qui se passait dans les coins. Il pencha la tête un peu plus pour essayer de mieux voir...
Le bout de son nez entra alors en contact avec la mystérieuse substance.
Et tout à coup, ce fut comme si le bureau de Dumbledore basculait brutalement. Harry fut projeté en avant et tomba tête la première dans la bassine de pierre...
« Un sac de billes »
(auteur: Joseph Joffo)
Ce qui me reste de cette matinée, plus que les coups, plus que l'indifférence des grands, c'est cette sensation d'impuissance à comprendre. J'avais la même couleur que les autres, la même tête, j'avais entendu parler de religions différentes et on m'avait appris à l'école que des gens s'étaient battus autrefois pour cela, mais moi je n'avais pas de religion, le jeudi j'allais même au patronage avec d'autres gosses du quartier, on faisait du basket derrière l'église... Alors, où était la différence?
- Jo! On court après moi. C'est Zérati.
Il est un peu essoufflé. Dans sa main, il a un sac de toile qui ferme avec un lacet. Il me le tend.
- Je te fais l'échange.
Je n'ai pas compris tout de suite.
- Contre quoi?
D'un doigt éloquent, il désigne le revers de mon manteau.
- Contre ton étoile.
Papa n'a pas fini, au ton qu'il prend je sais que c'est le plus important qui va venir.
- Enfin, dit-il, il faut que vous sachiez une chose. Vous êtes juifs mais ne l'avouez jamais. Vous entendez JAMAIS.
Nos deux têtes acquiescent ensemble.
- A votre meilleur ami vous ne le direz pas, vous ne le chuchoterez même pas à voix basse, vous nierez toujours. Vous m'entendez bien toujours. Joseph, viens ici.
Je me lève et m'approche, je ne le vois plus du tout à présent.
- Tu es juif, Joseph?
- Non.
Sa main a claqué sur ma joue, une détonation seche. Il ne m'avait jamais touché jusqu'ici.
- Ne mens pas, tu es juif, Joseph?
- Non.
J'avais crié sans m'en rendre compte, un cri définitif, assuré.
Mon père s'est relevé.
- Eh bien voilà, dit-il, je crois que je vous ai tout dit. La situation est claire à présent.
« Zazie dans le Métro »
(auteur: Raymond Queneau)
Elles entendaient au loin, dans les rues, les pneus se dégonfler lentement dans la nuit. Par la fenêtre entrouverte, elles voyaient la lune scintiller sur le gril d'une antenne de tévé en ne faisant que très peu de bruit.
... puis il saisit énergetiquement la bouteille de grenadine pour emplir de ce breuvage un verre dont il avala le contenu, en reposant sur la table la partie incomestible, comme on fait de l'os de la côtelette ou de l'arte de la sole.
« Gaston (R4): En direct de la gaffe »
(auteur: Franquin, et Delporte; Editions Dupuis)
En entrant dans le bureau où Gaston travaille - pardon, où il est censé travailler -, j'ai buté sur une boîte à outils, puis je me suis pris les pieds dans un écheveau de fils blindés, et j'ai atterri avec fracas sur un fer à souder, malheureusement branché. Comme je poussais une exclamation assez vive, Gaston m'a dit:
- Attention, malin, tu vas faire un court-circuit!
Et avant que j'aie pu lui dire combien je déplorais ce trou dans mon pantalon et cette brûlure à mon amour-propre, il m'a mis sous le nez un instrument bizarre bardé de résistances et de câbles électriques.
« Astérix chez les Bretons »
(texte de Goscinny, dessins de Uderzo)
- Qui puis-je t'offrir, Jolitorax? Un sanglier? Du lait de chèvre? De la cervoise?
- Une tasse d'eau chaude avec un nuage de lait je vous prie.
- Ils sont beaux ces vêtements.
- C'est du tissu de Calédonie. Nous appelons cela du tweed.
- C'est chèr?
- Mon tailleur est riche.
- Qu'est-ce que je vous sers pour arroser le sanglier bouilli? De l'eau chaude, de la cervoise tiède, ou du vin rouge glacé?
« Bilbo le hobbit »
(auteur: J.R.R. Tolkien, traduit par Francis Ledoux)
- Que ça soit maudit! maudit! maudit! sifflait Gollum. Que le diable emporte le Baggins. Ça a disparu! Qu'est-ce que ça a dans ses poches? Oh! on le devine, on le devine, mon trésor. Il l'a trouvé, oui, sans nul doute. Mon cadeau d'anniversaire.
- Qu'est-ce qu'un cambunhobbit a à voir dans ma poche, de toute façon? dit William.
- Et ça se cuit-il? demanda Tom.
- Tu peux toujours essayer, dit Bert, ramassant une brochette.
- Une fois dépiauté et désossé, il ne ferait pas plus d'une bouchée, fit remarquer William, qui avait déjà bien diné.
« Jonathan Livingston le goéland »
(auteur: Richard Bach, traduit par Pierre Clostermann)
- Irresponsabilité? Mes frères! s'écria-t-il, qui donc est plus responsable que le goéland qui découvre un sens plus noble à la vie et poursuit un plus haut dessein que ceux qui l'ont précédé? Mille années durant, nous avons joué des ailes et du bec pour ramasser des têtes de poisson, mais désormais nous avons une raison de vivre: apprendre, découvrir, être libres! Offrez-moi seulement une chance de vous convaincre, laissez-moi vous montrer ce que j'ai découvert...
« Clochemerle »
(auteur: Gabriel Chevallier)
- Parfaitement, un édifice! Et qui aura son utilité, aussi bien pour l'hygiène que pour les moeurs... Faites voir si vous êtes malin, Tafardel? Devinez un peu...
Entre la gare de Clochemerle et le bourg, il y a cinq kilomètres de montée, en suivant les lacets de la route. Une petite heure de marche, pour un militaire qui va d'un bon pas, un pas de chasseur, le meilleur pas de militaire qui soit au monde, et le plus vif. Claudis Brodequin prend la route, qui crisse amicalement sous ses souliers solides, bien ferrés, où son pied est à l'aise.
« Autour de la lune »
(auteur: Jules Verne)
- Oui, mon digne ami. En tenant compte de tous les éléments du problème, de la distance du centre de la Terre au centre de la Lune, du rayon de la Terre, de la masse de la Terre, de la masse de la Lune, je puis établir exactement quelle a dû être la vitesse initiale du projectile, et cela par une simple formule.
« Voyage au centre de la terre »
(auteur: Jules Verne)
Toutes ces merveilles, je les contemplais en silence. Les paroles me manquaient pour rendre mes sensations. Je croyais assister, dans quelque planète lointaine, Uranus ou Neptune, à des phénomènes dont ma nature «terrestrielle» n'avait pas conscience. A des sensations nouvelles, il fallait des mots nouveaux, et mon imagination ne me les fournissait pas. Je regardais, je pensais, j'admirais avec une stupéfaction mêlée d'une certaine quantité d'effroi.
« Le tour du monde en 80 jours »
(auteur: Jules Verne)
Phileas Fogg était de ces gens mathématiquement exacts, qui, jamais pressés et toujours prêts, sont économes de leurs pas et de leurs mouvements. Il ne faisait pas une enjambée de trop, allant toujours par le plus court. Il ne perdait pas un regard au plafond.
« Winnie l'ourson »
(auteur: A. A. Milne, traduit par Pierre Martin)
Il rentra chez lui, se dirigea tout droit vers son placard, monta sur une chaise et atteignit un grand pot de grès rangé sur la planche du haut. L'étiquette indiquait «MIELLE» mais Winnie, qui voulait être tout à fait sûr, ôta le couvercle pour regarder dedans.
«Oui, on dirait bien du miel, murmura-t-il. Pourtant, on ne sait jamais... Je me souviens que mon oncle m'a raconté un jour qu'il avait souvent vu de la graisse d'oie de cette couleur-là.» Il donna un grand coup de langue dans le pot. «... Je ferais mieux de m'en assurer, au cas où les Néléfants n'aimeraient pas la graisse d'oie...»
« Le Fantôme de l'Opéra »
(auteur: Gaston Leroux)
Et enfin ils entendent distinctement dans l'oreille droite sa voix, l'impossible voix, la voix sans bouche, la voix qui dit:
«Elle chante ce soir à décrocher le lustre!»
D'un commun mouvement, ils levèrent la tête au plafond et poussèrent un cri terrible. Le lustre, l'immense masse du lustre glissait, venait à eux, à l'appel de cette voix satanique.
D'après le Persan, Erik était originaire d'une petite ville aux environs de Rouen. C'était le fils d'un entrepreneur de maçonnerie. Il avait fui de bonne heure le domicile paternel, où sa laideur était un objet d'horreur et d'épouvante pour ses parents. ... Il soumissionna certains travaux de fondation à l'Opéra. Quand il se vit dans les dessous d'un aussi vaste théâtre, son naturel artiste, fantaisiste et magique, reprit le dessus.
« Le Barbier de Séville »
(auteur: Beaumarchais)
BAZILE - La calomnie, Monsieur? Vous ne savez guère ce que vous dédaignez; j'ai vu les plus honnêtes gens près d'en être accablés. Croyez qu'il n'y a pas de plate méchanceté, pas d'horreurs, pas de conte absurde, qu'on ne fasse adopter aux oisifs d'une grande ville, en s'y prenant bien: et nous avons ici des gens d'une adresse! ... D'abord un bruit léger, rasant le sol comme hirondelle avant l'orage, pianissimo murmure et file, et sème en courant le trait empoisonné.
ROSINE - Oui, pardon! Lorsque vous croyez que cette lettre ne vient pas de mon cousin.
BARTHOLO - Qu'elle soit d'un autre ou de lui, je ne veux aucun éclaircissement.
ROSINE, lui presentant la lettre. - Vous voyez qu'avec de bonnes façons, on obtient tout de moi. Lisez-la.
BARTHOLO - Cet honnête procédé dissiperait mes soupçons si j'étais assez malheureux pour en conserver.
ROSINE - Lisez-la donc, Monsieur.
BARTHOLO se retire. - A Dieu ne plaise que je te fasse une pareille injure!
ROSINE - Vous me contrariez de la refuser.
« L'enfant »
(auteur: Jules Vallès)
Ai-je été nourri par ma mère? Est-ce une paysanne qui m'a donné son lait? Je n'en sais rien. Quel que soit le sein que j'ai mordu, je ne me rappelle pas une caresse du temps où j'étais tout petit; je n'ai pas été dorloté, tapoté, baisoté; j'ai été beaucoup fouetté.
Ma mère dit qu'il ne faut pas gâter les enfants, et elle me fouette tous les matins; quand elle n'a pas le temps le matin, c'est pour midi, rarement plus tard que quatre heures.
« Te voilà, gamin?
- Oui, M'sieu.
- Toujours en retenue, donc!
- Non, M'sieu.
- Tu as faim?
- Oui, M'sieu!
- Tu veux manger?
- Non, M'sieu! »
Je croyais plus poli de dire non: ma mère m'avait bien recommandé de ne pas accepter tout de suite, ça ne se faisait pas dans le monde. On ne va pas se jeter sur l'invitation comme un goulu, «tu entends», et elle prêchait d'exemple.
« Miss Marple au club du mardi »
(auteur: Agatha Christie)
Du fond de son fauteuil où elle se tient très droite tandis que ses mains actives tricotent - une vieille demoiselle pleine de malice écoute ses amis - un colonel et un haut fonctionnaire de Scotland Yard, tous deux à la retraite, un vieux pasteur et un médecin plein d'expérience, une charmante actrice - raconter d'étranges histoires où glisse l'ombre d'un criminel inconnu. Et toujours Miss Marple le découvre parce que, dit-elle, avec modestie, elle a beaucoup observé les petites gens de son village et que la nature humaine est partout la même.
« L'histoire du geai bleu de Jim Baker »
(auteur: Mark Twain, traduit par Marie-Christine Lemardeley-Cunci)
Les animaux parlent entre eux, bien sûr. Il n'y a aucun doute là-dessus. Mais il existe probablement peu de gens qui savent les comprendre. Je n'ai connu qu'un seul homme qui sache. ...
«Vous me direz peut-être: un geai c'est un oiseau. Oui, c'en est un jusqu'à un certain point - parce qu'il a des plumes et qu'il ne va pas à la messe, soit. À part de cela, il est aussi humain que vous et moi. Et je m'en vais vous dire pourquoi... »
« Comment vivre avec un chat névrotique »
(auteur: Stephen Baker, traduit par Ferdinand Colteen)
Et Dieu créa une boule de poils qu'Il baptisa "le Chat", faute de mieux. Il considéra Sa nouvelle création et hocha Son auguste tête: le résultat n'était pas tout à fait à la hauteur de Ses espérances.
Il souleva la chose à bout de bras. Et la chose pendouilla, inerte. Il la posa par terre, et elle se répandit comme de la pâte à crêpes...
« La laisse »
(auteur: Françoise Sagan)
- Qui est-ce? Qui est-ce? Mon Dieu, c'est vous, Vincent? Je ne vous ai pas reconnu tout de suite.
- A cause de mon costume. Je me suis acheté ça boulevard Saint-Germain...
- Je ne vous avais jamais vu sans cravate, dit-elle. C'est l'habitude, sans doute... Vous avez l'air plus... plus... euh... plus sportif.
Je me mis à rire:
- Plus sportif, moi? C'est un reproche?
Sa rougeur m'amusa et m'agaça en même temps. Je voulais d'elle un jugement qualitatif, un jugement féminin; frustrée ou vierge, elle devait me le donner.
« L'enfant noir »
(auteur: Camara Laye)
Un jour pourtant, je remarquai un petit serpent noir au corps particulièrement brillant, qui se dirigeait sans hâte vers l'atelier. Je courus avertir ma mère, comme j'en avais pris l'habitude; mais ma mère n'eut pas plus tôt aperçu le serpent noir, qu'elle me dit grâvement:
- Celui-ci, mon enfant, il ne faut pas le tuer: ce serpent n'est pas un serpent comme les autres... Ce serpent ... est la génie de ton père.
« Chiche »
(auteur: Christine Arnothy)
Ces animaux délicats [les suricates] et d'une extrême sensibilité ont donné leur nom à un mouvement international de la jeunesse. Les hippies ont été peu à peu remplacés per ceux qui se font appeler les suricates. Ces jeunes se déplacent toujours en groupe... Dès qu'ils trouvent l'endroit qui convient, ils s'enterrent... En s'enterrant, ceux-ci protestent contre la pollution de la nature et contre les explosions souterraines de bombes atomiques qui pourissent notre vieux globe.
« De notre sang! »
(auteur: John Creasey, traduit par Geneviève Saulnier)
Ronald, le dos maintenant tourné vers elle, se dirigea nonchalamment vers le coin du jardin. Combien de fois s'était-il comporté ainsi? Combien de fois avait-il gagné? Peu importait ce que disait Catherine ou comment elle essayait de le punir, l'instant où il lui désobéissait était sa victoire. ... Un autre abandon signifierait qu'elle avait perdu toute chance de l'influencer ou d'exercer un contrôle sur lui, peut-être même de le sauver de lui-même, de sa folie.
« Ces maisons qui tuent »
(auteur: Roger de Lafforest)
Chaque nuit, à l'heure où vous avez coutume de dormir le plus profondément, vous vous réveillerez, vous sortirez de votre lit pour aller accomplir ce geste parfaitement gratuit et saugrenu: retourner le caillou une seule fois, sans brusquerie ni mauvaise humeur, en appliquant fortement votre volonté à lui transférer le mérite de l'effort que vous venez de faire en vous levant en pleine nuit rien que pour le toucher!
« Rien qu'une femme »
(auteur: Francis Carco)
Cette rue, toute miroitante, que je considérais de la fenêtre, avec sa perspective étroite, ses vieilles toitures d'ardoises luisantes, ses pavés, ses magasins fermés, la regardais-je pour la dernière fois? J'éprouvais une mélancolie poignante à me le demander... Et cette chambre, où j'avais si souvent rencontré ma maîtresse, devrais-je ne plus y revenir?
« Maigret et le marchand de vin »
(auteur: Georges Simenon)
- Vous avez aussi regardé par le judas quand Chabut est sorti?
- Qu'est-ce qui vous fait penser ça?
- Lapointe, conduis-la donc au Quai, où elle se montrera peut-être plus bavarde.
...
- Quand je vous ai reconnu, je me suis doutée tout de suite que j'allais avoir des ennuis...
- Avouez que vous connaissiez son nom.
- Oui.
- Et celui de sa compagne?
- Seulement son prénom, je le jure. Anne-Marie. Je l'appelais la Sauterelle.
« Maigret et l'indicateur »
(auteur: Georges Simenon)
Chaque fois qu'une enquête en arrivait à un certain point, il éprouvait le besoin de faire en quelque sorte l'école buissonnière, c'est-à-dire de déjeuner avec un de ses collaborateurs à la brasserie Dauphine.
C'était une façon de rester dans le bain. Les deux hommes allèrent tranquillement à pied jusqu'à la brasserie et s'arrêtèrent devant le zinc où il y avait déjà plusieurs des hommes du quai des Orfèvres.
- Pour changer, grommela Maigret, je prendrai un petit pastis...
Cela lui arrivait rarement. Depuis que son vieil ami Pardon l'avait mis en garde, il buvait beaucoup moins qu'autrefois et il lui arrivait de garder longtemps une pipe éteinte à la bouche.
« Le chat qui déplacait des montagnes »
(auteur: Lilian Jackson Braun, traduit par Marie-Louise Navarro)
La situation était cauchemardesque, quoique Qwilleran fût bien éveillé, tout comme ses deux compagnons qui s'agitaient sur le siège arrière dans leur panier à chaque tournant et à chaque cahot tout en exprimant leurs protestations par des miaulements particulièrement assourdissants et éprouvants.
- Taisez-vous! rugissait-il à son tour sans autre effet que de redoubler le volume des clameurs. Nous sommes perdus! Où sommes-nous? Pourquoi sommes-nous venus dans ces maudites montagnes?
C'était une bonne question et, un jour, il connaîtrait la réponse.
« Un coup de main pour le F.B.I. »
(auteur: Pierre Nemours)
- Noir ou Blanc, je n'en ai rien à foutre. Pour moi, un foute nègre et un foutu Blanc, ce sont deux foutus Américains. Et c'est pourquoi je marcherai dans votre combine, mais à deux conditions: d'abord je prendrai les quelques jours nécessaires à la liquidation des affairs en cours, et ensuite, je disposerai d'une autonomie totale. Personne ne saura que je travaille pour le F.B.I. et vous attendrez que je vous fasse sign. O.K. ?
« Le couloir de la mort »
(auteur: John Grisham, traduit par Michel Courtois-Fourcy)
Le visage de Goodman se détendit et un large sourire apparut sur ses lèvres.
- Vous aviez tout prévu, n'est-ce pas? Vous avez choisi ce cabinet parce que nous répresentons Sam Cayhall et parce que nous avons un bureau à Memphis.
Adam acquiescça en souriant.
- Ça a marché. Je ne savais ni où ni comment ça arriverait mais c'est vrai, je l'avais projeté. Ne me demandez pas ce qui se passera ensuite.
- Il sera mort dans trois mois, peut-être plus tôt.
« Les trafiquants de rêve »
(auteur: Rebecca Flanders, traduit par Harlequin S.A.)
La jeune fille fut traversée d'un doute. S'agissait-il vraiment d'un don? Ou plutôt d'une méthode? Ces regards, ce sourire. Tout à coup le charme de Mark lui paraissait trop efficace, presque... professionnel. D'un mouvement rapide et léger, elle lui enleva sa main sans qu'il tentât de la retenir. D'ailleurs la serveuse apportait leurs plats.La diversion était inespérée.


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